Remise en question

L’écriture n’est pas toujours une partie de plaisir. N’allez pas croire, mais l’auteur rencontre plusieurs fois dans sa vie des moments de doute et des remises en question. En ce qui me concerne, j’écris pour mon plaisir et parce que j’ai une tonne d’histoires qui veulent sortir de ma tête et que je me dois de coucher sur le papier.
Mais j’avoue que moi aussi, je connais ces moments de questionnements. On en rigolait avec trois auteurs du forum, que j’ai pu rencontrer déjà deux fois, on se disait que l’auteur est une personne « bipolaire ». On peut passer d’un moment d’exaltation pure (« tout est super génial ! ») à une déprime brutale qui vous broie les épaules et le moral (« C’est trop nuuul ! »).

Après avoir posté le début de mon roman Sheyanne sur la Mare, j’ai reçu 6 bêtas-lectures, très objectives, pointues et sincères. Mais ce qui devait arriver arriva, après quatre mois de réécriture intensive, je ne PEUX plus modifier Sheyanne… je n’en ai pas la force. Ma relation avec ce texte est tellement fusionnelle et remonte à tellement d’années que je me rends compte que je suis incapable de prendre assez de recul pour modifier ce qu’il y aurait pourtant à changer. C’est trop douloureux (si, si ! je vous assure !).
Je ne veux pas dire que je n’ai pas supporté la critique. Ce n’est pas ça. Car tous les défauts que l’on m’a pointé, je les connais, je les sais, mais je n’ai pas la force de les retravailler. Je suis trop « imprégnée » de mon texte original.
Donc après deux jours où j’ai eu l’impression de me noyer et où j’ai remis en question toute mon écriture, j’ai réussi quand même à sortir la tête de l’eau et à me dire « Allez, tant pis, pour l’instant, on met Sheyanne de côté, on passe à autre chose, il est temps ! »
Ce n’est vraiment pas facile car j’ai passé tellement de temps dessus, consacré tellement d’énergie que la souffrance est viscérale et la plaie à vif. Je savais qu’il restait beaucoup de faiblesse et d’incohérence mais j’ai tenté. Je réalise à présent qu’il faut que je reparte sur une base neuve, avec un autre texte.

Et puis, je me suis reposée la question : « Pourquoi est-ce que j’écris finalement ? ». La réponse, elle est toute simple : l’écriture, pour moi, c’est vital. Comme manger et boire. Parce que j’ai Muse qui frappe trop fort dans ma petite tête depuis que j’ai 12 ans. Bien évidemment, le rêve d’être un jour publié hante mes songes les plus fous mais avant tout je veux continuer à écrire pour MON plaisir. Et c’est ce qu’il faut que je garde en tête. J’ai toujours fonctionné ainsi et je ne suis pas publiée. Et ma foi, ça m’a toujours suffi.

Donc haut les cœurs, je reprends donc Taryann la malédiction du lac avec l’objectif de le finir avant la fin de l’année 2015.

Je vais quand même relire Sheyanne une dernière fois, juste pour moi, à tête reposée, et le faire relire à mes deux bêtas-lecteurs « officiels » qui me soutiennent quoi que je fasse et après… et bien je verrai. En tout cas, j’aurais terminé ce que j’ai commencé. Et ça, c’est déjà pas mal !

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2 réflexions sur “Remise en question

    • oui, je laisse du temps avant de relire mais pour celui-ci, c’est particulier, je le reprends depuis tellement longtemps qu’il faut que je passe à autre chose, même si je reviens dessus dans quelques années !

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